Pi Nârâti – THÈMES MUSICAUX© Copyright 2007 by Michael Besack & Joyce Whitelaw |
L’action se situe en l’an 4891. Le Conseil Terrestre pour les Relations Inter-Galactiques a décidé de condamner à l’éxil ZedZed le 22ème, professeur au Mars Institute of Technology. ZedZed est le 22ème clone de Sir Basil Zaharoff, éminent marchand d’armes international, très actif au temps de la Première Guerre Mondiale. ZedZed était membre du conseil d’administration de la Banque de Monte Carlo, très investie dans les projets de colonisation galactique.
Le Conseil soupçonne que ZedZed le 22ème vient de découvrir une nouvelle source d’énergie, qui donnerait de sérieux avantages aux militaires qui en possèderaient le secret et aussi qu’il négocie avec des factions rivales dans l’intention de leur révéler ces secrets. Les articles de loi de la TRU-TH jugent qu’il s’agit d’une transgression criminelle. [TRU-TH, en anglais, veut dire ‘vérité’. Mais c’est ici une abbréviation pour Total Resource Utilization, prononcé Tru-th et qui se traduit par « utilisation totale des ressources »]
La condamnation est sans appel et ZedZed, ainsi que sa femme Stella, doivent être éxilés vers le système d’Alpha-Canopus dans la constellation de la Carène. Au 49ème siècle, l’ensemble de l’exploration spatiale se poursuit grâce à un réseau de portails galactiques qui peuvent être programmés, soit en sens unique, soit avec possibilité de retour. Le choix de l’une ou l’autre de ces modalités revient au Controlleur de la Spirale Cosmique, un automate en charge du réseau, qui lui-même reçoit ses directives du Conseil Terrestre pour les Relations Inter-Galactiques. La mise en œuvre de ces directives se fait à partir d’informations en temps réel qui arrivent au Controlleur sous forme d’événements relatifs à la colonisation. [JUST-I-C-E, en anglais, qui sert ici d’abbreviation pour Just-In Colonization Events]
Le rideau se lève à l’instant précis où ZedZed et sa femme, Stella, sont escortés vers le hall de départ où se trouve le portail galactique. Sur l’immense dome, surplombant la salle, on peut apercevoir une carte du ciel, manipulée par un technicien anonyme chargé d’établir les coordonnées de la destination finale. Au mileu de la salle on aperçoit deux grand coffres, semblables à des sarcophages, d’ où émanent des pulsations de lumière bleue sombre. Des gardes en uniforme conduisent le couple vers les sarcophages. Peu de temps après, un délégué du ministère de la TRU-TH s’approche afin d’éxecuter la sentence d’éxil.
Les coordonnées sont saisies et le délégué, le poing bien sérré, pointe sa bague vers le pupitre de commande, qui se met immédiatement en marche. La salle est soundain illuminée par de nombreux faiscaux lumineux qui balayent les sarcophages à intervalles réguliers, au son d’une musique de plus en plus hypnotique. Au bout d’un moment, les sarcophages disparaissent.
ACTE I
Scène 1 :
Vingt années se sont écoulées depuis le départ de ZedZed. Le gouvernement terrien s’est imposé dans sa lutte pour la conquête de l’espace. De lointaines constellations au sein de la galaxie ont été soumises à des campagnes de colonisation particulièment agressives. Un groupe de prospecteurs indépendants, venant de la planète Mars a bien essayé de s’opposer à la main mise du Conseil Terrestre, mais le réseau de portails utilisés, ainsi que les outils logistiques employés, s’étaient avérés moins performants par rapport aux technologies éxistant sur terre. Ces prospecteurs martiens, bien que nombreux, furent bientôt obligés de travailler pour des conglomérats controllés par le Conseil Terrestre. La rivalité entre Terre et Mars demeura cependant très vivace, surtout qu’aucune civilisation supérieure, d’origine non-humaine, n’avait encore été rencontrée.
La première scène se déroule dans les apartements de Wellor, situés dans une aile du palais reservé au Conseil Terrestre pour les Relations Inter-Galactiques.
Le Conseil a été convoqué et s’attend à de nouvelles demandes de la part de ses dirigeants. Les conseillers Osman et Manos viennent d’arriver. Avec Wellor, grand seigneur de l’Empire Galactique, ils représentent la triade régnante : principe dialectique d’une tyrannie coercitive en action. Alors que Manos est un politicien hargneux, qui cherche la confrontation, Osman, lui, prétend s’opposer à la violence et se réfère sans arrêt à la justice et aux bienfaits de procédures légales. En fait, leur comportement sert à camouffler l’attitude servile du Conseil, qui obéit obséquieusement aux groupes banquaires, grands financiers de la colonisation. Cette ambivalence factice crée l’illusion d’un débat et permet à Wellor de manipuler les membres du Conseil selon sa volonté et celle des banquiers.
Au début l’atmosphère musicale est sombre et froide. L’introduction, jouée par les violons, est vite interrompue par les instruments à vent soutenus par la percussion qui annoncent l’arrivée de Wellor. Le motif de Wellor est délégué aux contre basses qui répètent une suite chromatique marquée staccato.

Dès l’ouverture du dialogue, Wellor annonce à Osman et Manos que les nouvelles ne sont pas bonnes. L’empire est devenu trop complaisant vis-à-vis des martiens. Les relations entre la Terre et Mars, au niveau politique, peuvent être comparées à ce qui se passait entre l’Angleterre et les Colonies Américaines à l’époque oú elles étaient sous souveraineté britannique. Tout comme à cette époque, les martiens sont utilisés de manière abusive par leurs lointains dirigeants et leur ressentiment ne cesse d’augmenter, jusqu’à ce qu’une révolte directe devienne inévitable. Après une première révolte, écrasée par l’empire, un nouveau soulèvement semble imminent.
Wellor est mécontent parce que personne ne semble concerné par ces mouvements sociaux révolutionnaires. Mais ce qui l’irrite encore plus, c’est que les martiens soient en fait conseillés et guidés par ZedZed— l’un des premiers à établir la politique coloniale du Conseil Terrestre; attitude comparable à celle de Basil Zaharoff, ancêtre de ZedZed, très actif au seuil de la première guerre mondiale. Celui-ci vendait des armes à tous les camps en achetant leurs politiciens et ne s’occupait que de ses propres interêts occultes sans tenir compte de ceux des nations qu’il approvisionnait en armes de guerre.
La réaction de Manos aux dires de Wellor ne se fait pas attendre. Des cors dans un rapport de quinte juste annoncent son ton menaçant :

Manos propose d’anéantir les martiens pendant qu’il est encore temps. Osman s’oppose à cette suggestion belliqueuse et en appelle à la raison. Pourquoi ne pas ramener ZedZed de son exil afin de l’interroger et de comprendre ce qu’il essayait de fomenter avec les martiens ? La suite chromatique jouée par les contre basses souligne l’impatience de Wellor. Une quarte augmentée émise par les bassons donne le temps nécéssaire à Osman pour répondre avant qu’un crescendo de cors soutenu par des basses syncopées n’introduisent le cri violent de Manos : « Au lieu de l’exiler, on aurait dû le tuer !
Le motif d’Osman repose sur les basses et les bassons qui jouent une gamme descendante soutenue dans un mode mineur.

Wellor est ouvert à l’idée de faire revenir ZedZed. Son fils, Nautor, pourrait très bien commander l’expédition qu’il faudrait mettre sur pied pour le ramener de son exil. Il saurait surement motiver l’équipe rassemblée dans ce but. Avec toutes les ressources à leur disposition, ils sont sûrs de réussir. Le trio s’enthousiasme pour cette option. Manos, dont les slogans inspirent toujours les foules, en crée un nouveau sur le champ. Ils décident enfin de présenter leur plan d’action au Conseil Terrestre qui les attend.
Un nouveau thème musical prend le dessus. Il s’agit du thème de l’ « expédition ». Les violons introduisent une mélodie, répétée par les violoncelles et cette mélodie est finalement reprise par l’orchestre tout entier.

Le toast de Manos

à la « vérité » (TRU-TH) et la « justice » (JUST-I-C-E) est accompagné par l’orchestre sur un air de marche militaire soutenu par un chœur d’hommes.

Des roulements de tambour concluent la scène.